De l'Agence Bruxelles-Propreté à la Stib, eri passant. par le Service d'incendie et d'aide médicale urgente, les agents de prévention et de sécurité ou encore l'Institut bruxellois pour la gestion de l'environnement, .. les grandes entreprises publiques de la Région bruxelloise, qui emploient chacune des centaines, voire des milliers de travailleurs, ont mis sur pied des formations à l'intention de leur personnel.

Comment apprend-on à devenir balayeur, chauffeur de bus, pompier, agent de prévention ou encore gardien de parc ? L'équipe du service «Bruxelles» s'est assise, l'espace de quelques heures, sur les bancs de ces écoles ou centres de formation, souvent méconnus du grand public, afin de vous faire découvrir sous cet angle inhabituel la vie des gros employeurs publics de la Région. Nos journalistes y ont côtoyé des candidats en quête d'un emploi, de nouvelles recrues et des agents confirmés intéressés par une formation continuée ou une promotion. Aujourd'hui, incursion parmi les assistants de prévention et de sécurité (APS) .

Les experts des quartiers

Les Bruxellois les croisent par tous les temps, à tous les carrefours, patrouillant souvent par deux. Reconnaissables de loin à leur blouson violet, ce sont les amis des enfants, qu'ils aident à traverser devant les écoles. Mais leur statut hybride, entre agents de quartier et gardiens de parc, fait qu'on les connaît mal. Même si l'utilité des APS (pour ''assistants de prévention et de sécurité'') est aujourd'hui reconnue par tous.

Comment devient-on, comme ces hommes et ces femmes, les yeux et les oreilles d'un quartier, pour reprendre l'expression de Bertrand Duyvetter, coordinateur des APS de Schaerbeek? Une question d'autant plus d'actualité que nous sommes en pleine période de transition, comme l'indique Philippe Vanderheyden, coordinateur à SaintGilles. Car dans le cadre du plan fédéral « Activa", la fonction d'APS est en train de se professionnaliser.

Désormais, ces assistants, qui autrefois dépendaient des agences locales pour l'emploi (ALE) dans le cadre d'une remise au travail de chômeurs de longue durée peu qualifiés dans les communes urbaines qui ont conclu un contrat de sécurité avec l'autorité fédérale, se voient en effet proposer un vrai contrat de travail à durée indéterminée. Mais selon une règle précise : Depuis avril 2004, un APS est engagé sous contrat ''Activa'' pour trois APS sous ancien statut qui s'en vont, indique-t-on au ministère de l'Intérieur.

Ce qui ne devrait toutefois pas modifier l'organisation de leur instruction. Une instruction sans école centralisée à l'échelle de la Région bruxelloise, organisée par chaque commune, et qui, au-delà d'un canevas de base établi selon les recommandations du ministère de l'Intérieur, consiste surtout en une formation continue, dont l'esprit peut varier d'une commune a l'autre.

Dans un premier temps, nous avons un entretien avec chaque postulant pour juger de sa motivation, explique Philippe Vanderheyden. Les candidats retenus reçoivent ensuite une formation d'une demi -journée sur le cadre général de leurs futures interventions. Puis un apprentissage dispensé par la Croix-Rouge visant à leur faire obtenir un brevet de secourisme, une formation de surveillant habilité organisée par la police (une demi-journée de théorie et une après-midi sur le terrain) et, enfin, une formation en gestion des conflits et en communication prodiguée par une ASBL spécialisée.

« Les APS sont des experts de leur quartier et un lien entre le quartier et l'autorité publique. »

Ni calendrier, ni planning ne sont établis pour ces formations. Elles sont organisées quand il y a un nombre suffisant de candidats, précise Philippe Vanderheyden. D'autant que l'esprit qui préside à la formation des APS est plutôt de travailler dans la continuité.

De nombreuses formations connexes sont proposées, poursuit le coordinateur. Ces formations, qui consistent, pourrait-on dire, en une éducation à la citoyenneté, sont également proposées dans le cadre de la recherche d'un autre emploi par les APS. Il peut s'agir aussi bien d'activités sur le thème de la démocratie, que sur ceux des nouveaux métiers de la ville, par exemple, ou sur le sort des sans-papiers.

C'est selon les mêmes principes que travaille, à Schaerbeek, Bertrand Duyvetter. Même si, dans la pratique, d'autres angles sont privilégiés. Nous mettons tout en œuvre pour valoriser la fonction d'APS, indique-t-il. Bien souvent, ils sont de véritables experts de leur quartier. Ils en connaissent tout, sont très attachés à leurs écoles et constituent un lien entre le quartier et l'autorité publique.

C'est d'ailleurs dans cet esprit que d'autres formations, davantage liées à la vie de la commune, sont régulièrement proposées. Nous distinguons entre formation au savoir, au savoir-être et au savoir-faire, détaille le coordinateur. Trois fondements qui sont eux-mêmes traversés par quatre axes: la formation au métier, aux langues, la formation transversale et les formations annexes.

Ce qui, concrètement, se traduit aussi bien par des séances d'information sur l'organigramme de la commune que par des exposés plus spécifiques sur le fonctionnement, par exemple, des services des classes moyennes ou de la propreté. D'autres formations sont également dispensées aux APS afin de les sensibiliser à des questions aussi diverses que le droit institutionnel, la toxicomanie, la technoprévention ou la cohabitation entre groupes de popu1ations d'origines différentes.

Nous prévoyons en outre d'organiser des formations communes pour les APS, les gardiens de parc et les éducateurs de rue, précise Bertrand Duyvetter. Des formations qui, tout comme celles qui existent déjà, seront sanctionnées par une attestation délivrée par l'échevin concerné.

Il s'agit pour nous de valoriser l'effort fourni par ces personnes, observe le coordinateur.

A noter que les coordinateurs des APS des différentes communes se voient régulièrement afin d'échanger leurs bonnes pratiques.

Mais notre revendication actuelle, c'est d'arriver à pouvoir former les APS comme formateurs, de façon à ce qu'ils puissent euxmêmes transmettre leur savoir, conclut Bertrand Duyvetter. Une façon de plus de montrer le dynamisme du secteur.